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Lettres d'un Kuramoto #513 - La technologie numérique rend les plus petits détails visibles

Dans son dernier livre "Yoichi Ochiai, 34 ans, face au vieillissement" (Chuohoki Publishers), Yoichi Ochiai, maître de conférences à l'Université de Tsukuba et artiste média, pose la question suivante : "Comment la technologie numérique change-t-elle la nature ?". À cette question, son interlocuteur, le professeur Takeshi Yoro de l'Université de Tokyo, connu pour des ouvrages tels que "Le mur des idiots", répond : "Ce qui a énormément changé par rapport au passé, c'est que nous pouvons désormais voir les choses plus en détail. Les scanners en médecine en sont un parfait exemple. Le développement de la technologie numérique a permis de voir le corps humain dans le moindre détail pour la première fois". Si nous transposons cette histoire au saké, on constate que le progrès numérique a considérablement amélioré notre capacité à comprendre les différentes conditions du processus de fabrication du saké. En outre, le prix des thermomètres et des instruments de mesure numériques a chuté à environ 1/50e de ce qu'il coûtait auparavant, ce qui les a rendu abordables – et utilisable - même pour «une petite entreprise de saké, du fin fond des montagnes de Yamaguchi ». En tirant pleinement parti de ces progrès technologiques et de cette évolution des prix, nous avons pu développer un style unique de fabrication du saké, une style propre à Dassai. Plus simplement, cela signifie que ce progrès technologique a permis d'obtenir diverses données sur la production, et donc a permis de gérer chaque processus d'artisanat dans ses moindres détails, avec précision. Habituellement, changer les méthodes de fabrication n'est pas bien accueilli sur le terrain, mais à ce moment-là, notre toji et son équipe étaient déjà partis chez un autre producteur de saké, nous expliquant qu’ils ne fabriqueraient plus de saké chez nous à partir de la saison prochaine, et il n'y avait donc personne pour me barrer la route. Après le départ du toji et de son équipe, il ne restait que moi et quelques jeunes employés – tous presque amateurs en fabrication de saké. Mais nous sommes allés de l'avant et nous sommes essayé à l’élaboration de saké. Et tout en commettant sans cesse des erreurs, c'est à ce moment-là que j'ai réalisé les progrès réalisés dans le domaine du numérique et l'importance d’en tirer profit. Cette méthode a fait qu’il devenait maintenant nécessaire de considérer l’énorme complexité des données de production en face de nous, d’y répondre une par une, beaucoup plus que par le passé. Malheureusement, il est impossible de mécaniser ou d’automatiser ce processus dans le but d’élaborer un bon saké. En fait, il serait plutôt beaucoup plus simple de mécaniser la fabrication du « saké à l'ancienne ». En d'autres termes, c'est pourquoi l’élaboration du saké Dassai en est venu à exiger le plus grand nombre de personnel de production au Japon. Le développement scientifique consiste à "donner du travail aux gens". Le développement scientifique prive les gens d'emplois s'ils veulent conserver le même niveau de production qu'auparavant, mais lorsque vous visez le meilleur, vous avez plus que jamais besoin de personnel. Et il ne peut s'agir de simples ouvriers. Il doit s'agir d’un personnel qui travaille dur, réfléchisse de lui-même et procède à des ajustements minutieux sur le terrain. C'est précisément là que le concept de "tema" (mot japonais signifiant "prendre le temps et faire des efforts, même coûteux") qui est si fortement ancré dans la culture japonaise, est nécessaire. Mais ceci en se basant sur l’optique de "poursuite de la très haute qualité". C'est également la raison pour laquelle les médias ont récemment parlé de notre polique salariale ; avec un salaire de départ de 300 000 yens (2400 euros) pour les diplômés universitaires (et du doublement général du salaire du personnel de production en cinq ans). P.S. Mon défaut en tant que producteur de saké réside dans le fait que, lorsque je parle de ces choses, je suis souvent tenté de dire des choses quelque peu sarcastiques comme "le fait-main n'est pas toujours meilleur" ou "est-ce vraiment le plus important de suer et de travailler sans se poser de questions?". Par ailleurs, ce genre de petites phrases font souvent vague dans l'industrie. Je le sais, mais... Je ne peux pas m'arrêter... !


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